Jean Pierre Popelier, roubaisien et belge

Jean Pierre Popelier à l’Ensait en 2016 Photo PhW

La vie nous réserve d’heureuses rencontres. Ce fut le cas pour moi avec Jean Pierre Popelier. Alors que nous étions en train de plancher sur le Mémoire en images roubaisien, Thierry Delattre et moi, un troisième larron est venu se joindre à nous, selon le principe que plus on est de fous…

C’était le début d’une collaboration entre Jean Pierre et moi, faite d’échanges de discussions et d’écritures. Nous avons ainsi publié ensemble

« Roubaix ville de sports » et « Roubaix de A à Z » dans le catalogue des éditions Sutton.

Roubaix nous avait réunis mais Jean Pierre avait d’autres préoccupations plus larges. Ainsi s’intéressait-il à l’immigration belge dont il se revendiquait souvent : prononcer popeliere, à la flamande, disait-il régulièrement.

Cet intérêt pour ce sujet donna plusieurs livres :

L’immigration oubliée Editions La Voix du Nord, janvier 2003

Belges et Français du Nord : Une histoire partagée Editions La Voix du Nord novembre 2009

Le premier exode : la Grande Guerre des réfugiés belges en France aux éditions Vendémiaire mai 2014

Les exilés belges en France, 1914-1918 : Histoires oubliées aux édiions Racine mars 2017

Jean Pierre s’est aussi essayé au roman historique avec Daniel Vasseur. Les soldats de mars, avoir vingt ans sous la Commune aux éditions L’Harmattan en février 2005.

Il avait répondu présent à mon invitation pour une intervention dans le cadre des conférences Passages de Mémoire sur les Réfugiés Belges pendant la Grande Guerre en avril 2015.

Récemment nous échangions sur des projets autour des années vingt, du sport et d’un deuxième tome de Mémoires en image sur Roubaix, autant d’idées qu’il nous aurait fallu réaliser tout de suite parfois se donner du temps c’est aussi en perdre.

Je perds un compagnon de recherches et d’écriture, mais aussi et surtout un ami sincère, généreux et enthousiaste.

La grève de 1931, vue par les écoliers de Roubaix

Tout Roubaisien a lu, ou au moins entendu parler du livre de Maxence Van der Meersch, quand les sirènes se taisent. L’écrivain, s’inspirant librement des grèves de 1930 et 1931, y donne sa version des avènements. Sans dissimuler la misère des ouvriers, mais hostile aux syndicats, il rend les syndicats (CGTU et CGT) responsables des conflits ; En fait, début 1931 pour faire face à une crise du textile, les patrons groupés dans le Consortium ont diminué les salaires, qui étaient déjà bien bas. Les ouvriers n’acceptèrent pas, et la grève générale fut décrétée. 114 000 (sur 127 500) ouvriers du textile se mirent en grève, et des affrontements violents se produisirent entre eux et les gardes mobiles, en particulier rue des Longues Haies. Félix-Paul Codaccioni dans L’histoire de Roubaix (1984, Westhoek éditions) écrit : « D. Ley [le directeur du Consortium] doit faire face à une véritable mobilisation ouvrière, ponctuée de nombreuses manifestations. L’une d’elle, celle des 12 et 13 juin organisée par le syndicat unitaire, tourne à l’émeute. De durs affrontements opposent les gardes mobiles et la police municipale aux ouvriers dans la rue des Longues Haies, rue éminemment populaire. De véritable combats, d’homme à homme, se déroulent autour de barricades dressées, avec leurs cortèges de blessés et d’arrestations. »

Freinet et La revue Enfantines

Van der Meersch, bien entendu rend compte de tout cela. Mais nous disposons aussi de témoignages directs, ceux des enfants de l’école des garçons de la rue Ternaux.

Fin des années 1920, un instituteur du midi, Célestin Freinet, développe une nouvelle pédagogie, Il veut une école ouverte sur la vie, une école pour le peuple, basée sur ce qu’il appelle la « méthode naturelle » et le « tâtonnement expérimental ». Pour mettre en pratique ses idées, il utilise quelques techniques ; l’une d’entre elle consiste en l’expression libre des enfants, qui impriment ensuite eux-mêmes leurs travaux. Ceux-ci sont diffusés à l’intérieur de l’école mais aussi dans le réseau d’écoles appliquant les mêmes méthodes. Cela amène Freinet à créer une revue, La Gerbe, « Coorevue d’enfants, Composée et imprimée par les écoles travaillant à l’imprimerie » en 1927.   La diffusion augmentant, l’imprimerie à l’école ne suffit plus, et la revue, toujours composée de textes et de dessins d’enfants est confiée à un imprimeur professionnel. Plus tard, Freinet crée une deuxième revue, Enfantines, dans laquelle il reprend parfois des textes déjà parus dans La Gerbe.

La grève, vue par les enfants de Roubaix

Ainsi le numéro 70 de la nouvelle revue (mai 1935) sous un titre laconique, Grève, donne la vision qu’ont eu enfants de l’école de garçons, 4 la rue Ternaux, des événements de 1931. Ils le disent bien sûr avec leurs mots et leurs dessins.

« On entend plus les sirènes. Les cheminées ne fument plus. Les rues ne sont plus encombrées de gros camions. Les ouvriers sont tout propres. Ils se promènent en habit du dimanche. » Après ce petit passage idyllique, les enfants racontent. Ce qui les a les plus frappé ? La présence des gendarmes et gardes mobiles – c’est tout un pour eux -, vingt-deux occurrences dans un texte très court, leurs chevaux, leurs fusils, le fait qu’ils frappent les gens, bloquent la circulation et imposent le couvre-feu. Les camions chargés de balles de laines renversés par les grévistes. Puis les manifestations bien sûr, avec les drapeaux, les prises de paroles et les chants. La faim, la solidarité, les bons « qu’on peut déposer n’importe où, mais pas au cabaret », les quêtes, les enfants qui partent dans les « cars rouges », accueillis qu’ils sont par des familles d’accueil, et la « débrouille ». Bien entendu on n’y trouve aucune analyse, aucun jugement : ce sont des enfants qui parlent.

Cette brochure fait partie d’un lot d’Enfantines et de Bibliothèque du Travail (autre publication lancée par Freinet pour servir d’appoint à sa pédagogie) donnée à la médiathèque de Roubaix par un de ses amis. On peut la consulter sous la cote Br 4-2853

Bernard Grelle, 8-11-2017

Roubaix au-delà des mers

Je voudrais que ce livre puisse être une invitation au voyage et à l’amitié.

Abbé Paul Catrice.

En 1969 paraissait Roubaix au-delà des mers, un petit livre édité par la Société d’Émulation de Roubaix et l’Agence Univers.

L’abbé Paul Catrice, un Roubaisien, ancien conseiller de l’Union française, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, directeur de l’Agence Univers (11 rue Vauban, Roubaix), -une agence de presse au service des missions catholiques -, voulait grâce à cet ouvrage montrer que notre ville était un «exemple d’union féconde entre régionalisme et universalisme ».

Ce livre, préfacé par MM. Victor Provo (maire de la ville) et Georges Teneul, président de la Société d’émulation, est introduit par Louis Trénard, alors professeur d’histoire à la faculté des lettres de Lille. L’abbé y livre le résultat de trente ans de dépouillement d’archives sous la forme d’une compilation de noms, de dates, de fait et d’anecdotes sur 171 pages.

Cette matière est répartie en sept chapitres. Le premier énumère les aspects roubaisiens de la coopération internationale (jumelages, visites de personnalités étrangères, mouvements internationaux, enseignants et techniciens en coopération, le club Unesco, la Société de géographie, la bibliothèque et la tournée du Théâtre populaire des Flandres en Algérie –parce que son animateur, Cyril Robichez, était roubaisien).

Dans le chapitre 2, le père Catrice examine le rayonnement social de Roubaix. Après avoir dit quelques mots de trois personnalités roubaisiennes, Jules Guesde, Louis Loucheur et Eugène Duthoit, il décrit les différentes actions contre la faim et la lèpre menées par différentes associations locales ou régionales.

Le chapitre 3 traite de l’expansion économique de Roubaix outre-mer ; c’est la partie la plus développée, qui ne compte pas moins de 57 pages. Après un rapide survol historique, l’auteur évoque la Chambre de commerce, les expositions internationales, puis détaille continents par continent la présence des entreprises roubaisiennes. Au passage, il regrette qu’on n’ait pu écrire l’histoire de l’influence de l’orient sur les décors des tissus roubaisiens.

Le chapitre 4 est consacré aux voyageurs, pèlerins, croisés et militaires. On y parle surtout d’histoire, des voyages de Jean et Pierre de Roubaix, des seigneurs de Lannoy qui voyagèrent au nord comme au sud et même en Amérique, de Lanoyens, Tourquennois, Halluinois, Lillois, qui furent parmi les premiers habitants de New York, sans oublier les origines de Franklin Delano Roosevelt, descendant en ligne directe de Philippe, seigneur de Lannoy. On y évoque aussi d’autres voyageurs, volontaires comme Pierre Deffontaines et Octave Vandekerkhove, ou involontaire comme Elie Brun-Lavainne, qui par un malheureux concours de circonstances, se retrouva seul, à onze ans, sur la côte de Saint-Domingue.

Le chapitre suivant aborde la question des missionnaires roubaisiens à travers le monde. Roubaix aurait donné au monde 244 missionnaires (dont deux protestants) de 1848 à 1967, ainsi que sept évêques et 20 prêtres diocésains. Cinq religieuses sont également citées.

Le chapitre 6 est consacré aux Africains et Asiatiques venus à Roubaix. On y apprend que Roubaix compte, en 1968, 20 791 étrangers, dont 570 réfugiés politiques et 11 apatrides. Les Nord Africains sont 10 399, les Roubaisiens d’Afrique noire 250, les originaires des trois Amériques 21, et les Asiatiques 27. Les autres viennent de différents pays d’Europe. La mention des travailleurs étrangers est l’occasion d’évoquer les taudis dans lesquels ils sont souvent logés. Puis on passe à la représentation consulaire passée –il n’y a plus de consuls à Roubaix en 1968, et aux organisations destinées à aider ces étrangers.

Le septième et dernier chapitre reprend le thème du régionalisme et de l’universalisme, chez les écrivains roubaisiens cette fois, avec une petite anthologie de textes d’Amédée Prouvost, Charles Droulers, Pierre Lestienne et Louis Decottignies.

Ce livre, on l’aura compris, n’est pas un livre de chevet, mais de travail. Il répond malheureusement de manière toute à fait imparfaite à sa vocation, faute d’une table générale des matières, et d’un index. Qui s’y attellera ?

B. G.

Roubaix au-delà des mers

Auteur : Louis Catrice

Éditeur : Roubaix : Société d’Émulation & Agence Univers, 1969

La médiathèque possède 4 exemplaires de cet ouvrage, dont 1 empruntable (Roubaix/944 ROU)

Roubaix depuis toujours

Roubaix depuis toujours, la bande dessinée

Roubaix depuis toujours, la bande dessinée

« Depuis des lustres, M. Diligent caressait un rêve. Celui de raconter l’histoire de Roubaix -sa ville- de la manière la plus attrayante possible. Les vieux manuels ayant disparu sous la poussière, restait à inventer les nouveaux. Parce qu’il trouvait dommage que les jeunes générations ne connaissent rien ou à peu près de Roubaix. C’est de l’histoire ancienne tout ça. Le rêve du sénateur-maire était partagé par d’autres. Il devait logiquement aboutir et voir le jour ».
C’est « Le Téméraire », maison d’édition de bandes dessinées installée alors à Cambrai qui, en octobre 1992, va transformer le rêve en réalité.
Le financement de l’album
On peut s’interroger sur le montage financier ayant permis l’édition de Roubaix depuis toujours. On trouve dans le bon de souscription cette phrase : Cet ouvrage a été réalisé grâce au concours exceptionnel des Éditions Le Téméraire, de l’Office du tourisme de Roubaix, de France Télécoms, de la Poste et des TCC. On y demande de libeller les chèques accompagnant les commandes à l’ordre des Éditions BREP-BURP, l’ancêtre des Éditions du Téméraire. La ville de Roubaix préacheta 10 000 des 15 000 exemplaires prévus ; (M. Diligent proposa alors de remplacer le « sacro-saint dictionnaire » offert aux lauréats du certificat d’études par un exemplaire de la B.D. sur Roubaix. Le fait que ledit certificat n’existât plus ne sembla guère le troubler !). De plus l’Office du tourisme devait assurer le mailing des bons de souscription ; la Poste aurait envoyé 40 000 bons de souscriptions et ouvert ses fichiers d’adresses, soit un cadeau de 60 000 francs, selon Nord Éclair . France Télécom a fourni les étiquettes (valeur 10 000 francs), et les TCC ont aidé au financement de la « superbe lettre de souscription », toujours selon Nord Éclair. Mille exemplaires avaient déjà été commandés à la sortie de l’album, en décembre 1992, quelques jours avant Noël. Si l’on en croit Christophe Lemaire, les prévisions furent dépassées, et 18 000 exemplaires de la B.D. furent finalement vendus .
La réalisation de « Roubaix depuis toujours »
Le scénario de Roubaix depuis toujours a été bâti par Christophe Lemaire, bénéficiant des conseils d’un comité de lecture composé de Jules Clauwaert, ancien responsable de Nord Éclair et conseiller politique de M. Diligent, Thierry Delattre, archiviste de la ville de Roubaix, Jacques Prouvost, président de la Société d’Émulation de Roubaix et Mme Jeanson, guide-conférencière de l’Office du tourisme de Roubaix. Le rôle de ce conseil était de faire respecter l’histoire de la ville, afin qu’elle soit la plus crédible et la plus concrète possible : Le comité de lecture est très exigeant sur les points de détail, mais il ne juge que le fonds, pas la forme. Nous sommes relativement libres par rapport à la création, on s’autorise quelques phrases de fiction , reconnaît Olivier Mangin, le dessinateur. Gestation laborieuse : dix-huit mois furent nécessaire pour aboutir à la sortie de l’album. L’accouchement ne fut pas sans douleur. Il y eut du retard, et le bébé dût subir de multiples refontes. C’est que fût-elle dessinée, l’Histoire ne souffre pas l’à peu près.
L’histoire de Roubaix vue par Le Téméraire
La première page est réservée à la fondation de Roubaix par des Saxons ou des Francs, découvrant le Trichon, et s’installant pour donner naissance à Rosbach (Le ruisseau des roseaux, ou des chevaux, selon l’étymologie choisie). Bien entendu le lieu était peut-être déjà habité par des Celtes, mais personne n’en sait rien. Les deux pages suivantes sont toutes entières réservées à dame Thècle et au « Miracle de Saint Éleuthère » (897). Restent 43 pages pour évoquer onze cents ans d’histoire. Tout d’abord, la gloire des seigneurs de Roubaix, Alard, Jean et Pierre. Puis le long combat des Roubaisiens pour obtenir le droit de tisser des étoffes de plus en plus fines, malgré l’opposition des Lillois et des Tournaisiens ; la Révolution de 1789, qui souffle d’un vent assez faible sur Roubaix. La révolution industrielle ensuite, et la mise en place des industries de la laine et du coton. Le tout ponctué de guerres et de leurs cortèges de misères, d’épidémies, de révoltes ouvrières. L’arrivée des Flamands, Roubaisiens de demain, et la xénophobie qu’elle entraîna est évoquée en deux cases. La construction des forts et des courées, pour loger cet afflux de population. L’affrontement entre industriels et ouvriers guidés par les socialistes enfin : Carrette et Guesde, puis Lebas d’un côté contre Motte et le Consortium textile de Mathon et Ley d’autre part. Mais aussi les allocations familiales et la difficile mise en place des assurances sociales. Les deux occupations par les troupes allemandes, et les résistances qu’elles suscitèrent aussi, bien sûr. Dans les cases d’Olivier Mangin défilent les « personnalités historiques : Bayard et Dutrieux, qui auraient fait partie des premiers colons débarquant sur l’île de Manhattan ; l’abbé Brédart, prêtre insermenté et les frères Couteau, qui perdirent la tête pour une chanson ; les industriels Eugène Grimonprez, Motte-Brédart, Mimerel, Motte-Bossut, Eugène Motte. En face, Debuchy, Lepers et Carrette déjà cités ; N’ayons garde d’oublier la culture : les poètes et écrivains Louis Decottignies, Gustave Nadaud, Amédée Prouvost et Van der Meersch, le peintre Rémy Cooghe et les marionnettistes Louis et Léopold Richard ; n’oublions pas non plus le sport avec le cycliste Garin et, collectivement, les deux équipes roubaisiennes de football qui s’affrontèrent pour la coupe de France en 1933.
L’après-guerre est expédiée en deux pages. L’avant dernière est réservée à Victor Provo, maire depuis 1942, résistant, maintenu en place à la Libération, l’un des pères du paritarisme, et à son successeur, Pierre Prouvost élu en 1974. La dernière présente le Roubaix d’André Diligent, ancien adjoint de Victor Provo, tombeur de l’équipe d’union de la gauche en 1983. Quel contraste ! Page 47, images de désolation : dessins de courées murées, de poubelles, d’usines abandonnées, de bâtiments aux carreaux cassés ; c’est le Roubaix socialiste ; une gerbe de drapeaux italiens, portugais, marocains et algériens, et une vignette évoquant la Fête de l’Amitié rappellent la présence des immigrés. Faut-il voir là un message « subliminal » adressé aux lecteurs roubaisiens ? Après tout, l’élection d’André Diligent s’est jouée sur le thème de la « sécurité » ; et « Roubaix aux Roubaisiens » et le Front national attisaient alors le racisme d’une partie de la population. La dernière page est au contraire emplie de bâtiments remis à neuf, de parc, de métro, d’entreprises qui réussissent : voilà le renouveau de la ville, grâce à l’arrivée d’André Diligent.
Tout cela est de bonne guerre; Faut-il y voir l’influence de Jules Clauwaert, conseiller politique d’André Diligent? Ou est-ce une initiative du scénariste? De toute façon, on est loin du livre populaire, sans aucune idéologie sous-jacente. Un bouquin objectif. Le passé appartient au passé, on ne reprend pas les vieilles querelles! On doit être fier de Jean Lebas et de Jules Guesde, comme d’Alfred Motte qu’on annonçait. Et Nord Éclair d’enfoncer le clou : Idem pour la ville qui n’entend pas faire de cette B.D. une espèce de « publication municipale ». Pas de politique, pas de message, rien que l’histoire, toute l’histoire . Moyennant quoi l’album baigne dans un unanimisme de bon aloi, un consensus mou; à la réserve près que je viens d’évoquer. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil! On reconnaîtra là l’idéologie affichée par M. Diligent, bien trop avisé pour y croire une seconde!

Bernard Grelle

Roubaix depuis toujours
Auteur : scénario, C. Lemaire ; dessins, O. Mangin
Editeur ; Cambrai, le Téméraire, 1992 (Collection Histoires des villes)

1 « Le Manchester de la France en B.D. », Nord-Eclair, 10 octobre 1992
2 « Il était une fois Roubaix en B.D.! » / Brigitte Lémery, La Voix du Nord, 11/12 octobre 1992
3 « La Guerre à Roubaix expliquée aux jeunes », Nord Éclair, 28 décembre 1994
4 Comment pourrait-il en être autrement ?
5 Respectivement le Racing club et L’Excelsior , ce dernier l’emportant par 3 à 1.
6 « L’histoire de Roubaix en B.D »., Nord-Eclair, 2 décembre 1992

1914-1918 : Roubaix sous l’occupation

Roubaix 14-18 rubriqueIl s’agit là d’une petite plaquette, 14 feuillets sous chemise, réalisée par le service des archives municipales. Le propos n’est bien sûr pas ici de faire l’histoire de l’occupation de Roubaix par les Allemands (un certain nombre d’études sont d’ailleurs parues depuis sur le sujet, voir la bibliographie). On y trouve deux pages de repères historiques ; puis huit pages sont consacrées à des Notes sur les conditions d’existences à Roubaix pendant l’occupation allemande, du 14 octobre au 1er mai 1918, où l’on passe en revue en quelques lignes les obstacles aux déplacements, la suppression des journaux, la situation monétaire, les réquisitions…
Tout aussi intéressantes les douze fiches cartonnées qui suivent. Il s’agit de la reproduction d’autant de cartes postales parues après le départ des Allemands, sous le titre générique « Épisodes de l’occupation allemande à Roubaix (guerre de 1914-18) ». Chaque carte est divisée en quatre vignettes, et chaque vignette dessinée est accompagnée de sa légende, par exemple pour la carte n° 1 : « Apparition des premiers Uhlans en ville », « Évacuation précipitée du vendredi 5 octobre 1914 », Occupation de l’hôtel de ville par les Allemands », et enfin « Apposition des premières affiches allemandes », et ainsi de suite, le tout constituant sans doute la première « bande dessinée » publiée à Roubaix. Notons également que la première de couverture est ornée d’une composition en couleurs représentant des drapeaux, celui de la France et ceux de ses principaux alliés.

Bernard Grelle

1914-1918 : Roubaix sous l’occupation
Auteur : Service des archives municipales
Editeur : Roubaix, la Ville, [S.d.], 14 feuillets sous chemise, 21 cm, illustration s et couverture illustrée.

Bibliographie.
-Waret, Philippe, Roubaix sous l’occupation 1914-1918, Roubaix, Société d’Émulation de Roubaix, 1998, 72 p. 30 cm. (Mémoires de la Société d’Émulation de Roubaix, 7e série, tome 3 –tome 40 de la collection)
-Waret Philippe, « Le retour du Journal de Roubaix », L’Abeille n° 26, p. 26
-Heuclin, Jean, Visse Jean-Paul, La presse clandestine dans le Nord occupé, 1914-1918 / mis en contexte par Jean Heuclin et Jean-Paul Visse ; édition du texte, J.-C. Desquiens, Valenciennes : Presses universitaires de Valenciennes, 2014, 504 p., Illustrations, couverture illustrée, 23 cm, (Textes en contexte). –
(Consacré essentiellement à L’Oiseau de France et ses avatars, ce livre contient des recueils d’extraits de journaux clandestins

Métiers vécus à Roubaix de 1920 à nos jours

Ce magnifique cahier mémoriel nous propose un voyage en vingt tableaux en compagnie des ouvrières et ouvriers dont certains métiers ont disparu, et qui ont fait la vie industrieuse de Roubaix : Josette la corsetière, Anny la modiste, Mimi l’ourdisseuse, Jacques le tailleur, Annie la téléphoniste…
Au-delà de la simple évocation, ce petit livre nous invite aussi à travailler nous-mêmes sur notre mémoire familiale ou personnelle, en nous suggérant une méthode : recueillir des interviews, dater les événements, rechercher des références, des repères, retrouver de vieilles images, photos, publicités, et reconstruire les parcours de nos parents, amis, connaissances. Ce travail de pratique mémorielle n’a rien à voir avec une quelconque nostalgie, c’est plutôt un devoir de transmission d’une époque à l’autre, d’un âge à l’autre, pour mesurer le chemin parcouru, et nous projeter dans l’évolution.
Il faut souhaiter que cette liste de témoignages se complète, avec d’autres métiers, d’autres souvenirs, et que ce travail de mémoire se fasse régulièrement et périodiquement. Il est constitutif de notre existence et de nos valeurs. Bientôt il s’agira d’évoquer la caissière de supermarché, le conducteur de bus et de métro, le technicien en informatique. Référence mémorielle et méthodique, ce livre nous invite à poursuivre la patiente et vigilante quête de nos vies.

Métiers vécus à Roubaix : de 1920 à nos jours
Auteur(s) : Hossepied, Luc (textes) Quennoy, Arlette (Préface)
Date(s) : 2003
Editeur(s) : Lille : Éd. de l’encre vive, 2003

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