Un cheminot sans importance

Sans aucun doute, le livre « un cheminot sans importance » est une contribution majeure à l’histoire de Roubaix, par son auteur : André diligent, avocat, parlementaire et maire de Roubaix où il à laissé une indélébile empreinte. Mais c’est aussi un témoignage terrible, à travers le récit de Pierre Hachin et des tortures qui lui ont été infligées par la gestapo comme aux résistants qui tombaient entre ses mains.

C’est encore un pan de l’histoire régionale et de celle de la presse sous l’occupation (65 fois, le réseau diffusa sa feuille clandestine au nez et à la barbe de l’occupant). Cet aspect nourrit avec force détails la seconde partie de cet ouvrage à travers les vicissitudes les procès et les spoliations de ceux qui au nom de l’information, et du renseignement, si utiles aux alliés, ont laissé leurs vies dans les luttes de l’ombre. N’oublions pas que, par leurs sacrifices, ils ont été eux aussi les artisans discrets de la victoire.

DES BIBLIOTHÈQUES ET DES LECTURES POUR LES OUVRIERS AU XIXe SIÈCLE

Le cas de Roubaix

L’histoire de la lecture prolétarienne, ouvrière et paysanne, est encore à écrire. Ignorant la lecture paysanne, les auteurs s’en tiennent à des généralités réductrices qui limitent la lecture ouvrière à celle du livre, et la noient dans la lecture populaire. Or elles ont des origines et une histoire bien distinctes. La populaire relève d’une politique nationale éducative marquée par l’idéologie républicaine et mise en œuvre par les maîtres d’école et des desservants paroissiaux. Elle a ses archives, ses bâtiments, sa mémoire. L’ouvrière relève de l’initiative privée. Elle n’a existé que dans des villes et des zones industrialisées où œuvraient des patrons éclairés et des salariés aux motivations disparates. Elle n’a que des mémoires locales dispersées. Ses organisations ont été précaires, et elles ont disparu avec leurs fondateurs.

La réhabilitation des cultures et des langues régionales dans la politique et l’opinion françaises nous invite aujourd’hui à en collecter les vestiges avec leurs particularités culturelles, et à les intégrer dans une histoire renouvelée de la lecture de masse. C’est dans cette perspective que la SHL a proposé à Bernard Grelle d’inaugurer la nouvelle série de ses Matériaux et d’y présenter l’enquête qu’il mène depuis plus de quinze années sur l’offre de lecture à Roubaix et dans le Nord‑Pas‑de‑Calais.

L’attention que l’auteur porte à la lecture ouvrière bouscule quelque peu un des fondements de la recherche académique, à savoir la liaison indissoluble des trois concepts Lecture/Livre/Bibliothèque. Admissible pour les classes moyennes et supérieures, ce lieu commun ne vaut pas pour le prolétariat. Aussi Bernard Grelle a‑t‑il orienté son enquête vers les autres sources de lecture : imprimerie, librairie, presse, cabinets et sociétés de lecture. On y découvre une singularité : des journaux flamands et une bibliothèque franco‑flamande à l’usage des ouvriers belges, immigrants et frontaliers. C’est là une ouverture originale pour les chercheurs des régions multilingues.

Noë Richter

Président de la Société d’histoire de la lecture

Grelle Bernard, Des Bibliothèques pour les ouvriers, et des lectures de ceux-ci au XIXe siècle : Le cas de Roubaix, 25 X 17,2 cm • 64 pages, (Matériaux pour une histoire de la lecture et de ses institutions, 2e série, n° 1)

Catalogue commenté de la presse roubaisienne 1829-1914

Quatre-vingt-huit ans ! Rares sont les journaux qui peuvent se targuer d’une telle longévité. Surtout dans une ville qui n’était ni sous-préfecture, ni évêché et pas même siège d’un tribunal, mais, qui plus est, n’est qu’à quelques kilomètres d’un chef-lieu de département où les publications de toutes sensibilités abondent. Organe de la bourgeoisie roubaisienne, lu par ces ouvriers qui s’épuisent dans les filatures, Le Journal de Roubaix marque à tout jamais l’histoire de la « Manchester » du Nord et de sa presse en particulier. Modeste feuille tirant à quelque 200 exemplaires à ses débuts, sous le Second Empire, il repousse les assauts de ses concurrents pour devenir l’un des quotidiens les plus dynamiques de province. Faisant bien mieux que préserver son pré carré, ce journal, dirigé par la même famille durant toute son existence, les Reboux, se retrouve souvent à la pointe du progrès technique. Grâce à l’esprit d’entreprise de son créateur et de son fils, il est au centre d’un des premiers « groupes » de presse.

La réussite de ce quotidien, fut-il le porte-drapeau de la presse roubaisienne, ne doit pas faire oublier que les journaux furent nombreux dans la ville lainière tout au long du XIXe siècle. Dans son Catalogue commenté de la presse roubaisienne, Bernard Grelle recense ainsi quelque 250 titres sur une période allant de la fin de la Restauration à la veille de la Première Guerre mondiale.

Sans être aussi ancienne que celle de bien des chefs-lieux d’arrondissement de la région, l’histoire de cette presse débute bien avant le journal des Reboux. C’est Hippolyte Béghin, premier libraire et premier imprimeur de la ville, qui, en 1829, sort de ses presses le premier périodique roubaisien : un bi-hebdomadaire de 16 pages ayant le format d’une revue, La Feuille de Roubaix. Le coup d’essai est bref, 43 numéros, et son successeur Le Narrateur roubaisien ne connaît pas une vie plus longue. Une quinzaine d’années s’écoulent encore avant que la presse roubaisienne ne prenne son véritable envol avec… L’Indicateur de Tourcoing devenu L’Indicateur de Tourcoing et de Roubaix, qui survit jusqu’en 1914.

Si Roubaix reste encore tributaire de Tourcoing ou de Lille en matière de presse pendant quelques années, Le Journal de Roubaix, à partir de 1856, et beaucoup d’autres publications, par la suite, comblent cette lacune.

Les titres se succèdent reflétant l’esprit d’une cité industrielle dont on peut suivre l’activité dans les Archives de la Chambre de Commerce imprimées annuellement par Alfred Reboux, le développement dans le Rapport sur l’administration et la situation des affaires de la ville. L’abondance des feuilles socialistes dont la ville partage parfois certains titres avec Lille traduisent l’âpreté du combat ouvrier et les différentes tendances qui traversent le mouvement : La Cravache, Le Cravacheur, Le Sans-Travail, La Ficelle, La Petite Feuille ouvrière, Le Combat… contribuent à faire la renommée de la Mecque du socialisme qui n’est pas exempte de feuilles anarchistes. Dans cette ville d’immigration, les socialistes publient dès 1892 un hebdomadaire en flamand, Het Volksrecht, à destination des paysans et des ouvriers qui ont fui la misère pour trouver du travail dans les filatures roubaisiennes. Si les publications anticléricales comme La Feuille anarchiste, La Peste cléricale, La Petite Feuille anarchiste roubaisienne, la Feuille d’études sociales…ne manquent pas, c’est que la ville reste imprégnée par le catholicisme, à partir de 1898 Reboux imprime et distribue chaque semaine dans tous les foyers La Petite Feuille catholique à laquelle succède en 1912 la Semaine roubaisienne, en 1901 La Croix de Roubaix-Tourcoing est vendue quotidiennement dans les deux villes. Aux « mauvais journaux » pour la jeunesse quelques prêtres roubaisiens opposent à la veille de la Guerre Le Trait d’union du patronage du Saint Sépulcre, Nos Jeudis, ou Le Journal des jeunes.

Quelle mine de renseignements que ce catalogue « commenté », un qualificatif qui fait toute la différence ! Les notices consacrées à chaque périodique, d’inégale importance selon les découvertes de l’auteur, fourmillent de détails sur leur contenu, leurs moyens techniques leur personnel (on a ainsi droit aux salaires des rédacteurs du Petit Nord en 1891), leurs rivalités. À travers ces notices, c’est une véritable saga de la presse roubaisienne du XIXe siècle qu’offre Bernard Grelle. Il apporte une contribution importante à l’étude de l’histoire de la presse de notre région qui n’en est encore qu’aux balbutiements

Les journaux politiques ne sont qu’une facette de cette presse roubaisienne. Le travail de L’ancien directeur de la médiathèque de Roubaix dépasse ici les rares ouvrages édités jusqu’ici qui recensent les publications du Nord, notamment le livre de Georges Lepreux Nos journaux : histoire et bibliographie de la Presse périodique dans le département du Nord publié en 1896 et le fascicule 59 de la Bibliographie de la presse politique et d’information générale qui ne s’intéresse qu’aux publications parues à partir de 1865. Une consultation attentive du catalogue de la BNF, un dépouillement minutieux des collections des bibliothèques du département du Nord, des archives départementales du Nord et du musée de la presse du Mondaneum de Mons, en Belgique, lui ont permis d’élargir son propos bien au-delà de la presse d’information politique et générale. À Roubaix, la population aime la poésie, le théâtre, la musique… Les journaux littéraires se nomment Le Canard, Le Papillon, La Fauvette… ou plus prosaïquement L’Écho théâtral, Le Bulletin musical… L’auteur passe en revue un certain nombre de bulletins d’associations d’anciens élèves, de journaux paroissiaux, de revues professionnelles dont il était difficile de soupçonner la richesse. Il n’hésite pas à confesser ses limites quand il n’a pas pu les lire. Il avoue ainsi qu’il n’a pas pu déchiffrer l’une d’entre elles, Le Métagraphe Duployer : elle est imprimée… en sténo. Cette sténographie qui se perfectionne tout au long de la deuxième moitié du XIXe siècle est d’ailleurs bien représentée par plusieurs publications

Le sport occupe une place importante dans la culture ouvrière et les titres abondent : Le Nord sportif, Association régionale des gymnastes du nord et du Pas-de-Calais, Revue sportive et théâtrale, Bulletin officiel de la société de tir et de perfectionnement militaire, Le Stade…Le Racing, finaliste de la coupe de France de football en 1933, a bien sûr son bulletin, par contre l’Excelsior, moins riche, ne semblait pas en disposer. Les moins originales des publications ne sont pas ces deux revues consacrées à la tauromachie La Corrida et Roubaix Toros témoignant qu’à la fin du siècle la ville avait aussi ses aficionados et ses arènes.

Une lecture attentive de la presse roubaisienne du XIXe siècle ont permis à l’auteur de retrouver, au hasard des différents articles, des titres jusqu’ici inconnus comme L’Étoile du Nord, La Pie borgne…prouvant qu’un tel travail n’est jamais terminé. Bernard Grelle qui continue à l’enrichir en est le premier conscient.

Il a fait là œuvre de pionnier apportant là un outil précieux à tous ceux qui s’intéressent à un patrimoine qui reste à découvrir dans la région. Son exemple mérite de faire école pour les autres villes du Nord-Pas-de-Calais. D’autant que son travail a permis à la médiathèque de Roubaix de reconstituer, sous forme de microfilms, une collection de tous les périodiques édités dans cette ville et qui est consultable par le public.

Jean-Paul Visse

(Président de la Société des Amis de Panckoucke)

Grelle (Bernard), Catalogue commenté de la presse roubaisienne 1829-1914, Roubaix, Lire à Roubaix, 2004, Les Cahiers de Roubaix, n° 10, 210 pages

1870-1890, Roubaix entre en République

Roubaix entre en République

Il est plusieurs façons de découvrir une contrée. On peut la survoler en avion, et les grandes lignes, les traits distinctifs apparaissent immédiatement. On peut aussi la parcourir à pied. On manque peut-être de vue d’ensemble, mais combien c’est agréable de découvrir un cerisier au détour d’un sentier, ou de boire une bière bien fraîche en contemplant le paysage !

Il en va de même pour l’histoire. On peut la parcourir à grandes guides, négligeant les détails pour la synthèse. On peut aussi s’attarder sur ces détails, qui sont en fait la chair de l’histoire, en évitant, bien sûr, de tomber dans l’anecdote.

Ne cherchez pas dans ce volume « une » histoire de Roubaix « des origines à nos jours ». Mais vivez l’installation de la IIIe République dans notre ville, grâce à l’empilement de « scènes vécues ». Philippe Waret éclaire des pans d’histoire, laissant beaucoup de choses dans l’ombre. Mais c’est cette accumulation d’images qui fait sens, comme dans ces films où le propos n’apparaît que par la juxtaposition de séquences apparemment décousues. Peut-on parler ici d’un « montage cinématographique » ?

Malgré l’apparent désordre des quarante points d’éclairage choisis, on peut suivre les grands thèmes qui structurent les vingt premières années du nouveau régime : l’installation de la République et les résistances des royalistes et des bonapartistes (la « Cohabitation municipale » de 1870, la « Démission de Constantin Descat » en 1876, la « Pagaie radicale » aux cantonales de 1886).
La lutte politique passe parfois par des querelles de familles (« Scrépel contre les Scrépel » et « La brève carrière politique d’Alfred Motte ») ; ou bien on nous la montre en suivant l‘attribution de noms successifs à la même rue (« 1871 : L’Empire n’est plus dans la rue. », i. e. le boulevard de l’Impératrice, devenu en 1871 boulevard de Paris, pour être baptisé boulevard du général de Gaulle en 1985)

L’économie est bien présente (« Jules Deregnaucourt, un républicain au secours du patronat textile roubaisien »), même si sa présentation passe parfois par les visites de contemporains célèbres : « 1878 : Jules Ferry est à Roubaix » et 1880 « Une visite de Jules Verne dans la ville aux mille cheminées ». Les scandales financiers qui éclaboussèrent la République naissante ne sont pas oubliés, grâce au récit d’un autre voyage, celui de Ferdinand de Lesseps, et on peut assister à la naissance de la publicité (« La cavalcade du Congo du parfumeur Vaissier »).

L’industrie se développe à Roubaix ? Le mouvement ouvrier et les luttes sociales aussi : « 1870 : Une Société d’enseignement mutuel pour les travailleurs à Roubaix » ; « 1873 : Création de la Chambre syndicale ouvrière » ; « 1884 : Le congrès du Parti ouvrier à Roubaix », et enfin « 1890 : Le premier 1er mai ».

Les débuts de la IIIe République sont associés à l’enseignement ? Voilà « 1877 : Une heureuse opération financière : les écoles de Mollins » et « 1879 : les Instituts Turgot et Sévigné, écoles primaires supérieures ».

L’anticléricalisme se développe dans les masses ? Trouvez-en la traduction dans les articles titrés « 1873 : Les républicains rejettent la donation de l’Église du Sacré-Cœur », « 1874 : La pétition des onze prodiges », « 1879 : les libres penseurs à Roubaix » ou enfin « 1881 : L’interdiction des processions à Roubaix par un maire républicain ».

La vie quotidienne est elle aussi présente. Urbanisme ? Voici « 1881 : Le chantier des halles centrales », « 1887 : L’impossible boulevard de ceinture » ou « Une nouvelle avenue pour une nouvelle gare » en 1888.

Vous préférez les sports et les préoccupations hygiénistes ? Lisez : « 1884 : L’école de natation est reprise par la ville » ; « 1886 : Une première tranche du parc de Barbieux », ou « La Roubaisienne victorieuse au concours de Paris » en 1884.

Les distractions des classes possédantes sont évoquées par le « Cercle des carabiniers », « Les musiques roubaisiennes à l’Exposition universelle » ou le récit d’une « soirée charmante » au club du Dauphin », qui voisine fort opportunément avec un autre article, « Incendies industriels et catastrophiques », nous rappelant que si les industriels perdent de l’argent malgré les assurances, ouvrières et ouvriers, perdent leur vie. Malgré tout le peuple s’amuse aussi, les fêtes populaires (1875) en sont un témoignage.

Le travail de Philippe Waret doit beaucoup à la lecture suivie de la presse locale de l’époque, je peux en témoigner. Regrettons pourtant que ce chercheur qui publie ailleurs des articles sur la presse et les journalistes roubaisiens n’ait pas mis l’accent sur ce média, libéré lui aussi par la république naissante.

Ce travail vient s’ajouter à la liste de ouvrages sur l’histoire générale de Roubaix, qui n’est pas si longue. Si les rues de Roubaix ont suscité pas moins de cinq tentatives d’en faire le tour, la bibliographie de l’histoire de Roubaix n’est guère plus développée, du moins si on ne prend pas en compte les ouvrages spécialisés traitant des chansons de carnaval, de l’urbanisation ou de la vie économique, et les travaux d’étudiants, non publiés.
Depuis les Recherches pour servir à l’histoire de Roubaix de Marissal (1844) jusqu’à L’histoire de Roubaix par un groupe d’universitaires sous la direction d’Yves-Marie Hilaire (1984), on ne trouve guère que les cinq volumes (1859-1863) de Théodore Leuridan regroupés sous le titre un peu abusif d’Histoire de Roubaix, le Roubaix à travers les âges de Gaston Motte, fort succinct, le Roubaix, capitale du textile de Jean Piat (1969), du même Les événements mémorables de Roubaix (1984) et de Jean Piat encore Roubaix histoire d’une ville socialiste, tous ces ouvrages étant, cela va sans dire, épuisés. Ce volume donne donc aux Roubaisiens curieux l’opportunité de d’apprendre l’histoire de leur ville. Et nous attendons avec impatience les volumes suivants, qui leurs raconteront l’enracinement de la République et sa longue traversée des soubresauts du XXe siècle.

Waret, Philippe, Chroniques roubaisiennes 1870-1890 : Roubaix entre en République, Näsijärvenkatu (Finlande), Altramenta, [S. d.], 194 p., ill.

Ce livre est disponible à la médiathèque

Bernard Grelle, (7-11-2017)

La première étude sur Roubaix (1864)

En 1864 paraissait chez Beghin, – dont la femme fut la première libraire brevetée de Roubaix, et lui premier à obtenir un brevet « à la résidence » de Roubaix -, la première monographie sur Roubaix, signée par M. Marissal, juge de paix à Roubaix, premier bibliothécaire et premier archiviste de notre ville en 1842.

Q u’on ne s’attende pas à un récit suivi de ce qui s’est passé à Roubaix ! Seul le premier chapitre (un cinquième de l’ouvrage) correspond – de loin – à ce que nous attendons d’un livre d’histoire. Marissal donne un coup d’œil sur la province de Flandre, énumère les guerres qui l’ont ravagées depuis le XVe siècle, l’origine du nom « Roubaix » – il avait entretenu, sur ce sujet une longue polémique dans les colonnes de L’Indicateur de Tourcoing avec un jeune Roubaisien qui deviendra lui aussi bibliothécaire et archiviste de la ville, et sur les mutations de la seigneurie de Roubaix.

Le deuxième chapitre est consacré à la topographie de Roubaix, distinction de Roubaix-ville et de Roubaix-campagne avec énumération des hameaux qui parsèment le finage, ceux dont les noms ont subsisté jusqu’à nous (par exemple la Potennerie, la Fosse-aux Chênes, le Tilleul, où, sous des appellations légèrement différentes, le Pire, le Trichon, l’Hommelet-aux-bois) et d’autres qui ont disparus des mémoires (Gobrie, Fromé, Gassegnies, Huquet, etc.). Il nous parle ensuite de la tentative de partition de la ville, Roubaix-campagne, s’estimant opprimé par la ville, des agrandissement successifs de celle-ci, de sa population, des tisserands, et des corps d’arbalétriers, et d’archers, d’arquebusiers et de canonniers… Sont ensuite passés en revue les établissements religieux (église, chapelles temple et cimetière), les établissements de bienfaisances, les impôts, et enfin les institutions civiles.

Assez curieusement Marissal joint à son étude sur Roubaix une notice sans grand rapport avec son sujet « Vie singulière et aventureuse de Marie-Hélène Vincre et de sa sœur », deux aventurières nées à Roubaix, qui se servirent de la crédulité des croyants pour escroquer, aux noms de la religion, leurs concitoyens.

Bernard Grelle

Marissal, L.-E., Recherches pour servir à l’histoire de Roubaix de 1400 à nos jours, Roubaix, Beghin, 1864, 309 p., ill.