Livraison d’avril

Attelages devant les Ets Carrez-Bernard rue de Lannoy Doc ANMT

Livraison d’avril

Barbieux : l’hôtel Voreux, boulevard de Gaulle, hôtel de maître, siège de syndicat, centre de formation (1884 à nos jours).

Epeule-Trichon : les Vercoutère, une institution cycliste et commerciale roubaisienne (1908-1985).

Epeule-Trichon : l’église Saint Sépulcre, ancienne et contemporaine (1875 et 1962).

Pont Rouge : historique des établissements Carrez-Bernard au 322-324 rue de Lannoy (1898-1987).

Ces articles sont consultables sur le site des ateliers mémoire http://www.ateliers-memoire-roubaix.com

Livraison de mars

Publicité Maison Crombé Coll. Part

Livraison de mars

Barbieux : comment le rang des Drapiers a survécu à la démolition (1980-1983)

Centre : histoire de la droguerie Crombé (1806-2015)

Epeule-Trichon : l’inauguration des nouveaux locaux de la caisse primaire d’assurance maladie en 1969.

Epeule-Trichon : Histoire des papiers peints Hourez (suite et fin)

DES BIBLIOTHÈQUES ET DES LECTURES POUR LES OUVRIERS AU XIXe SIÈCLE

Le cas de Roubaix

L’histoire de la lecture prolétarienne, ouvrière et paysanne, est encore à écrire. Ignorant la lecture paysanne, les auteurs s’en tiennent à des généralités réductrices qui limitent la lecture ouvrière à celle du livre, et la noient dans la lecture populaire. Or elles ont des origines et une histoire bien distinctes. La populaire relève d’une politique nationale éducative marquée par l’idéologie républicaine et mise en œuvre par les maîtres d’école et des desservants paroissiaux. Elle a ses archives, ses bâtiments, sa mémoire. L’ouvrière relève de l’initiative privée. Elle n’a existé que dans des villes et des zones industrialisées où œuvraient des patrons éclairés et des salariés aux motivations disparates. Elle n’a que des mémoires locales dispersées. Ses organisations ont été précaires, et elles ont disparu avec leurs fondateurs.

La réhabilitation des cultures et des langues régionales dans la politique et l’opinion françaises nous invite aujourd’hui à en collecter les vestiges avec leurs particularités culturelles, et à les intégrer dans une histoire renouvelée de la lecture de masse. C’est dans cette perspective que la SHL a proposé à Bernard Grelle d’inaugurer la nouvelle série de ses Matériaux et d’y présenter l’enquête qu’il mène depuis plus de quinze années sur l’offre de lecture à Roubaix et dans le Nord‑Pas‑de‑Calais.

L’attention que l’auteur porte à la lecture ouvrière bouscule quelque peu un des fondements de la recherche académique, à savoir la liaison indissoluble des trois concepts Lecture/Livre/Bibliothèque. Admissible pour les classes moyennes et supérieures, ce lieu commun ne vaut pas pour le prolétariat. Aussi Bernard Grelle a‑t‑il orienté son enquête vers les autres sources de lecture : imprimerie, librairie, presse, cabinets et sociétés de lecture. On y découvre une singularité : des journaux flamands et une bibliothèque franco‑flamande à l’usage des ouvriers belges, immigrants et frontaliers. C’est là une ouverture originale pour les chercheurs des régions multilingues.

Noë Richter

Président de la Société d’histoire de la lecture

Grelle Bernard, Des Bibliothèques pour les ouvriers, et des lectures de ceux-ci au XIXe siècle : Le cas de Roubaix, 25 X 17,2 cm • 64 pages, (Matériaux pour une histoire de la lecture et de ses institutions, 2e série, n° 1)

Livraison de février

Le centenaire de la Brasserie Meyerbeer en 1938 Coll privée

Livraison de février

Barbieux : Mobil à Barbieux de 1931 à 1988 les différents emplacements de la station service

Cul de four : Le Cinquantenaire de la Brasserie Union de Rx Tg rue Meyerbeer en 1938

Epeule-Trichon : Histoire des papiers peints Hourez 1889-1965 premier épisode

Epeule-Trichon : La Sécu à Roubaix Origine et agrandissement en 1968-1969

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Livraison de Janvier

L’avenue des Nations Unies sur la rue Pellart Photo AmRx

Centre : suite de l’histoire de la bijouterie Bousquet (1960-1997)

Centre : histoire du Celtic, de la charcuterie au débit de boissons devenu un temps un dancing (1896 à nos jours)

Centre : la disparition de la rue Pellart, dernier tronçon de l’avenue des Nations Unies (1983-1984)

Justice/Ste Elisabeth : la création du vélo club de Roubaix (1966-1967)

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Une rue commerçante : la rue de Mouvaux

Braderie rue de Mouvaux en 1954 Photo NE

La rue de Mouvaux était depuis très longtemps une importante voie de communication. Autrefois, c’était un chemin très ancien qui reliait la route royale de Lille à Menin à la frontière belge de Wattrelos/Herseaux. Ce chemin comprenait dans son tracé roubaisien la rue de Mouveaux (orthographe de l’époque), la rue du Grand Chemin (d’où le nom), la rue Saint-Georges (rue du Général Sarrail) et la Grand-Rue…

Pour cette raison, la rue de Mouvaux s’intitula chemin de grande communication n°9, avant de devenir pour un temps la départementale n°14. C’est une rue de 450 mètres de long sur 12 de large, qui relie la rue du Grand Chemin au territoire de Tourcoing. On pourrait croire que la rue de Mouvaux commence au carrefour de la rue de l’Ouest et de la rue du Luxembourg. Il n’en est rien. Elle existe dès le pont qui marque l’entrée du quartier Fresnoy-Mackellerie. C’est toute une partie de la rue et de ses commerces qui a aujourd’hui disparu, et que nous allons tenter de reconstituer.

Extrait de la brochure suivante Retrouvez le texte de la conférence en demandant cette brochure à l’adresse suivante : ateliersmemoire@gmail.com

Le Temps des tours

La tour Brossolette Photo NE

Introduction

Et soudain, ce fut le temps des tours. D’où vient que ce type de construction eut son heure de gloire, grosso modo pendant les années soixante, dans le paysage immobilier roubaisien ? Faut-il y voir chez les architectes une résurgence du mythe de la tour de Babel ? La tour comme un nouvel édifice, une nouvelle flèche, rapprochant les hommes du ciel ? Faut-il y retrouver les anciens donjons de nos châteaux forts, dont une partie était réservée au logement du seigneur et maître de la contrée ? Auxquelles il faut ajouter la triste réputation des anciennes tours, tour de Londres, tour de Nesle, tour de l’Horloge ? Faut-il y voir la survivance de nos vieux clochers, dont la fonction était de surveiller l’horizon et d’alerter le village en sonnant les cloches en cas de danger ? Ou encore la fière allure de nos beffrois ? Sans doute un peu tout cela, car la tour est dans notre imaginaire depuis très longtemps.

Les définitions du mot tour nous donnent quelques indications : construction nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural et ayant généralement un rôle défensif. Construction isolée, nettement plus haute que large. Retraite où s’isole quelqu’un qui refuse tout contact et tout engagement (celle-ci est en ivoire). Grand immeuble nettement plus haut que large, à usage d’habitation ou de bureaux.

Les raisons des architectes sont sans doute plus prosaïques. Certes, ces tours n’ont pas l’ambition des tours américaines, ou de celles des émirats, pour lesquelles le mythe de Babel n’est pas éteint, dans leur volonté de gratter le ciel ou d’aller plus haut, toujours plus haut. C’est dans l’exemple américain qu’on peut trouver les premières réponses : les premières tours apparaissent à l’occasion de la reconstruction de Chicago après le grand incendie de 1871. C’est une nouvelle approche de la construction d’immeubles qui réduit les coûts liés à l’augmentation du prix des terrains, qui permet de se protéger en même temps de l’eau (surélévation) et du feu (ossature d’acier et non plus de bois). William Le Baron Jenney1 fut amené à élaborer un système de structure interne sur laquelle repose tout l’édifice, le mur extérieur n’ayant plus rien à porter. Il tira également parti de l’invention de l’ascenseur mécanique et notamment de l’ascenseur de sécurité par Elisha Otis2.

Voilà qui nous renseigne sur ce qui a pu inspirer nos architectes contemporains. Les tours roubaisiennes sont plus modestes. Elles ont fait le bonheur des antennes de radios locales et plus récemment des opérateurs téléphoniques. Puis elles ont connu un destin différent. Certaines ont été réhabilitées, d’autres ont connu des incendies, et d’autres encore ont été détruites, à l’occasion d’un programme d’aménagement (ANRU). Pour celles qui restent, quelles sont les perspectives ? Voici un petit inventaire chronologique afin d’alimenter le débat.

1D’après Wikipédia, William Le Baron Jenney est un architecte et ingénieur américain, ancien élève de l’École Centrale des Arts et Manufactures à Paris de 1853 à 1856.

2D’après Wikipédia, Elisha Otis se rend célèbre en 1853, en inventant le « parachute », un système de frein de sécurité révolutionnaire empêchant la chute des ascenseurs en cas de rupture du câble.Après ces débuts spectaculaires, il crée la compagnie Otis Elevator Company, qui est aujourd’hui une division de United Technologies et la plus grande société d’ascenseurs dans le monde. M. Otis vend ses premiers ascenseurs sécurisés en 1853. Le premier ascenseur à passagers est installé par Otis à New York en 1857.

extrait de la brochure ci-dessous

Retrouvez le texte de la conférence en demandant cette brochure à l’adresse suivante : ateliersmemoire@gmail.com

Une rue commerçante : la rue de Lannoy

Magasin Lano n°24 rue de Lannoy Photo AmRx

1964 est la dernière année d’activité pour cette partie de la rue de Lannoy qui va bientôt disparaître, entre le boulevard Gambetta et le boulevard de Belfort. En effet, les décisions ont été prises. Alors que tout est abattu aux alentours du début de la rue de la Lannoy, il est temps de terminer la phase des démolitions.

Entre-temps, on s’est mis d’accord sur le positionnement de la future cité commerciale de transition entre la rue de Lannoy et le futur centre commercial Roubaix 2000. Ce sera à l’ancien emplacement des Halles, démolies en 1956, faisant depuis office de parking.

Dès lors, chaque commerçant de cette partie de la rue de Lannoy se voit placé devant un choix : se relocaliser ailleurs dans Roubaix. Aller occuper les emplacements du centre du Lido, qui doivent être prêts en juillet 1964. En fait, il faudra attendre décembre. Enfin cesser définitivement l’activité.

La rue de Lannoy poursuit néanmoins son activité durant l’année en cours : ainsi, en mars 1964, les commerçants organisent leur exposition de printemps, participent à la traditionnelle grande braderie, avant une dernière exposition d’automne, en octobre 1964. Qui étaient ces commerçants d’alors, que sont-ils devenus ? Voilà l’objet de cet « Instantané 1964 » !

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La grève de 1931, vue par les écoliers de Roubaix

Tout Roubaisien a lu, ou au moins entendu parler du livre de Maxence Van der Meersch, quand les sirènes se taisent. L’écrivain, s’inspirant librement des grèves de 1930 et 1931, y donne sa version des avènements. Sans dissimuler la misère des ouvriers, mais hostile aux syndicats, il rend les syndicats (CGTU et CGT) responsables des conflits ; En fait, début 1931 pour faire face à une crise du textile, les patrons groupés dans le Consortium ont diminué les salaires, qui étaient déjà bien bas. Les ouvriers n’acceptèrent pas, et la grève générale fut décrétée. 114 000 (sur 127 500) ouvriers du textile se mirent en grève, et des affrontements violents se produisirent entre eux et les gardes mobiles, en particulier rue des Longues Haies. Félix-Paul Codaccioni dans L’histoire de Roubaix (1984, Westhoek éditions) écrit : « D. Ley [le directeur du Consortium] doit faire face à une véritable mobilisation ouvrière, ponctuée de nombreuses manifestations. L’une d’elle, celle des 12 et 13 juin organisée par le syndicat unitaire, tourne à l’émeute. De durs affrontements opposent les gardes mobiles et la police municipale aux ouvriers dans la rue des Longues Haies, rue éminemment populaire. De véritable combats, d’homme à homme, se déroulent autour de barricades dressées, avec leurs cortèges de blessés et d’arrestations. »

Freinet et La revue Enfantines

Van der Meersch, bien entendu rend compte de tout cela. Mais nous disposons aussi de témoignages directs, ceux des enfants de l’école des garçons de la rue Ternaux.

Fin des années 1920, un instituteur du midi, Célestin Freinet, développe une nouvelle pédagogie, Il veut une école ouverte sur la vie, une école pour le peuple, basée sur ce qu’il appelle la « méthode naturelle » et le « tâtonnement expérimental ». Pour mettre en pratique ses idées, il utilise quelques techniques ; l’une d’entre elle consiste en l’expression libre des enfants, qui impriment ensuite eux-mêmes leurs travaux. Ceux-ci sont diffusés à l’intérieur de l’école mais aussi dans le réseau d’écoles appliquant les mêmes méthodes. Cela amène Freinet à créer une revue, La Gerbe, « Coorevue d’enfants, Composée et imprimée par les écoles travaillant à l’imprimerie » en 1927.   La diffusion augmentant, l’imprimerie à l’école ne suffit plus, et la revue, toujours composée de textes et de dessins d’enfants est confiée à un imprimeur professionnel. Plus tard, Freinet crée une deuxième revue, Enfantines, dans laquelle il reprend parfois des textes déjà parus dans La Gerbe.

La grève, vue par les enfants de Roubaix

Ainsi le numéro 70 de la nouvelle revue (mai 1935) sous un titre laconique, Grève, donne la vision qu’ont eu enfants de l’école de garçons, 4 la rue Ternaux, des événements de 1931. Ils le disent bien sûr avec leurs mots et leurs dessins.

« On entend plus les sirènes. Les cheminées ne fument plus. Les rues ne sont plus encombrées de gros camions. Les ouvriers sont tout propres. Ils se promènent en habit du dimanche. » Après ce petit passage idyllique, les enfants racontent. Ce qui les a les plus frappé ? La présence des gendarmes et gardes mobiles – c’est tout un pour eux -, vingt-deux occurrences dans un texte très court, leurs chevaux, leurs fusils, le fait qu’ils frappent les gens, bloquent la circulation et imposent le couvre-feu. Les camions chargés de balles de laines renversés par les grévistes. Puis les manifestations bien sûr, avec les drapeaux, les prises de paroles et les chants. La faim, la solidarité, les bons « qu’on peut déposer n’importe où, mais pas au cabaret », les quêtes, les enfants qui partent dans les « cars rouges », accueillis qu’ils sont par des familles d’accueil, et la « débrouille ». Bien entendu on n’y trouve aucune analyse, aucun jugement : ce sont des enfants qui parlent.

Cette brochure fait partie d’un lot d’Enfantines et de Bibliothèque du Travail (autre publication lancée par Freinet pour servir d’appoint à sa pédagogie) donnée à la médiathèque de Roubaix par un de ses amis. On peut la consulter sous la cote Br 4-2853

Bernard Grelle, 8-11-2017