Livraison d’avril

Le bazar des halles rue Pierre Motte doc ADN

 

Livraison d’avril

Barbieux : l’histoire du cabaret des Mille Colonnes (1860-1907) pendant la réalisation du parc de Barbieux et au-delà !

Carihem, Centre : Bossu Cuvelier la suite de l’histoire, de Bossu Cuvelier à Prolians Bossu Cuvelier (de 1950 à nos jours)

Centre : histoire du 37 rue Pierre Motte des ets Devriese créés en 1930 à nos jours

Commerces : la grève des commerçants en 1969, Roubaix, la ville des rideaux baissés

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Livraison de mars

La salle Destombes du Conservatoire, rénovée en 1969 Photo NM

Carihem, Centre : histoire de Bossu Cuvelier, la célèbre enseigne roubaisienne première partie 1862-1955

Centre : le café des Arcades, son histoire avant 1884-1952

Centre, Hommelet : les meubles De Beyne 1906-1985

Edouard Anseele, Epeule-Alouette: Les rénovations de 1969 : la salle Destombes, la salle Watremez, le théâtre Pierre de Roubaix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Livraison de février

Les gaufres Rita Collection Particulière

Alma-Fontenoy : un nouveau bureau de poste à la Fosse-aux-chênes de l’ancien créé en 1895 au moderne de 1974.

Centre : Total à Gambetta, construction d’une station service et sa transformation en commerce de restauration rapide, des années soixante à nos jours.

Centre : le Blockhaus de la Mairie, sa démolition en 1978

Cul de four, Moulin : une institution roubaisienne les gaufres Rita, de leur création en 1911 à la reconfiguration de l’usine en pépinière artistique en 1994.

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Livraison de janvier

Entreprise Leman rue Richard Lenoir Coll Particulière

Livraison de Janvier

Alma-Fontenoy : histoire de Gilbert Leman épicier grossiste rue de l’Hommelet puis rue Richard Lenoir

Centre : histoire du Lyold Continental, d’Alfred Verspieren à Swiss Life 1860 à nos jours

Centre : les derniers rails sur la Grand Place ou comment les tramways ont quitté la Grand Place

Epeule-Trichon : histoire du Petit Bonheur, un magasin d’alimentation au n°201 de la rue de l’épeule

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Livraison de décembre

L’usine Roussel au 144 rue de l’épeule, derniers jours Photo AmRx

Livraison de décembre

Centre : René Daulmerie, de la radio à la Hi-Fi en passant par la télévision 1936-2006

Centre : Des voies sur la grand place, début de l’histoire des tramways sur la grand place de Roubaix 1877-1908

Cul de four : Le carrossier Robert Barbe, histoire d’une entreprise du siècle 1911-2010

Epeule-Trichon : la teinturerie Roussel au 144 rue de l’épeule, d’avant les années 1880 à 1983

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Chantiers du quartier de l’épeule

L’usine Selliez rue Heilmann aujourd’hui disparue doc Méd Rx

Le très ancien quartier de l’épeule a connu beaucoup de transformations dans le dernier tiers du vingtième siècle. En voici quelques unes, tout au long de son parcours: comment s’est formé l’espace entre la piscine et le cinéma, la transformation de l’usine Roussel de la rue des Arts, la disparition de l’usine de vêtements Selliez, rue Heilmann, la reconstruction de l’église Saint Sépulcre, la démolition de la teinturerie du 144 rue de l’épeule et l’évolution de celle du 48 rue Watt vers la rue de l’épeule. Le prochain Passage de Mémoire évoquera tout cela le vendredi 21 décembre à 17 heures à la Médiathèque de Roubaix.

Livraison de novembre

L’aubette des Amis de Roubaix Photo NE

Centre : Kiosques et aubettes du boulevard Leclerc (1906-1980)

Centre : Les Sunlights, le célèbre groupe italo-roubaisien, leur histoire

Centre, Cul de Four, Potennerie : De la chocolaterie St Pierre, au bonbon Lutti, (1942-1984)

Epeule-Trichon : Les vêtements Selliez, rue Heilmann 1898-1999 la première usine de confection de vêtements selon le principe du travail à la chaîne

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Mamadou N’Diaye, star d’un numéro spécial des « Cahiers de Roubaix »

Après avoir fait l’objet d’un documentaire, d’un livre, désormais exposé au musée La Piscine, le guérisseur roubaisien Mamadou N’Diaye fait aussi l’objet d’un numéro spécial des Cahiers de Roubaix. 85 pages pour en savoir plus sur le destin extraordinaire de cet homme.

Le cahier de Roubaix devant le vitrail Photo MD

Si vous souhaitez vous pencher d’un peu plus près sur le fabuleux destin de Mamadou N’Diaye, ce vingtième numéro des Cahiers de Roubaix est sans doute fait pour vous. Sur 85 pages, la publication dissèque la vie hors-norme de ce Sénégalais devenu mousse dans la marine marchande, matelot dans la Marine Nationale, puis, arrivé à Roubaix dans les années 30, boxeur, entraîneur puis chiropracteur de talent jusqu’à son décès en 1985. Une personnalité locale sortie de l’oubli il y a seulement un an, lorsqu’a été découvert par hasard un vitrail à son effigie, désormais exposé dans les nouvelles salles du musée La Piscine.

L’historien local Philippe Waret revient en détail sur le parcours de boxeur et de manageur de celui qui était surnommé « la Panthère noire » en raison de sa souplesse. Il explore également son activité de guérisseur et ses nombreux démêlés avec la justice pour exercice illégal de la médecine. La revue, dirigée par Michel David, de la Société d’émulation de Roubaix, propose également des entretiens avec Sérigné Diop, le président de la communauté des ressortissants d’Afrique de l’Ouest (CRAO), Bruno Gaudichon, le conservateur de la Piscine, et les dirigeants du Boxing Club de Roubaix. Elle republie également des articles évoquant Mamadou et parus dans La Voix du Nord, Le Monde, Jeune Afrique, Gens et Pierres de Roubaix, ainsi que la retranscription intégrale du documentaire que lui avait consacré France Culture.

Les Cahiers de Roubaix sont disponibles à la boutique du musée, et bientôt à la Presse du Parc et dans les librairies les Lisières et Autour des mots. 85 pages, 12 euros.

par Bruno Renoul

Le nouveau Cahier de Roubaix

Le Cahier de Roubaix d’Octobre 2018

On peut le trouver dans les points de vente roubaisiens suivants :

à la Librairie du Musée La Piscine, à la Librairie Autour des Mots, à la Librairie des Lisières, à la Presse du Parc

Mamadou, du Pile au Musée

Mamadou, jeune boxeur Coll part

Mamadou est un personnage hors du commun. Né en 1909 au Sénégal, il arrive à Roubaix en 1933 ; il y commence une fort longue carrière de boxeur, épouse en 1952 Alice Viaene. Il habite dès lors place Carnot au Pile, où il exerce une activité de chiropracteur, médecine certes non autorisée mais très populaire entre France et Belgique. Cette notoriété appuyée par des dizaines de milliers de guérisons le conduit devant les tribunaux où un certain avocat du nom d’André Diligent le défend avec brio et éloquence, sensible à cette figure de « médecin des pauvres » probablement victime à la fois du conservatis.me de l’ordre et d’une forme tranquille de racisme. Nous sommes en 1972. Il décède à Roubaix en 1985.

Figure du siècle donc. Figure du peuple aussi.

En mars 2007, je publie dans la revue de la Société d’Emulation de Roubaix un court article qui exhume une figure alors oubliée. Et en 2017, c’est l’évènement : la découverte fortuite d’un vitrail dédié à Mamadou par une mystérieuse « marquise » conduit le Musée dont le projet d’extension prévoit de représenter l’histoire de la ville à choisir la figure de Mamadou pour « représenter » la migration, phénomène permanent et structurant de la ville industrielle. Cet évènement quasi miraculeux produit un curieux effet de souffle. Nord Eclair en rend compte dans un article documenté. Le Monde, puis la presse africaine prend le relais, et France Culture y consacre une émission qui provoque une mobilisation incroyable de contributeurs.

Il reste à évoquer la Semaine culturelle 2018 de la CRAO, communauté des ressortissants d’Afrique de l’Ouest, qui consacre une exposition préparée par la nouvelle génération sénégalaise à Mamadou, sénégalis historique mais inconnu de l’immigration sénégalaise récente.

La société des amis d’André Diligent organise un colloque en 2017 sur « Diligent, avocat » et prend le temps d’évoquer la figure de chiropracteur traduit en justice. Enfin un nouvel ouvrage est publié par les Lumières du Nord, consacré au guérisseur.

Le propos des Cahiers de Roubaix est complémentaire et plus sociologique. Pour qui s’intéresse à l’histoire des migrations à Roubaix, la figure de Mamadou est séminale et paradoxale.

On apprend d’abord en discutant avec Serigne Diop que Mamadou est pour la communauté sénégalaise une énigme : comment est-il arrivé à Roubaix ? par quels relais ? Pourquoi la communauté ne connaissait pas Mamadou ? Il n’empêche : en 2017, Mamadou, l’ancien invisible, est l’occasion d’une appropriation historique et une source de fierté : c’est un sénégalais qui va représenter toutes les migrations !!! un champion et un sauveur, une figure locale et internationale.

Poursuivant l’enquête, on se rend compte que la boxe roubaisienne doit beaucoup à Mamadou. Ceux qui comme les Djemmal sont les animateurs aujourd’hui de la boxe dans sa dimension éducative ont appris la boxe avec Mamadou. La boxe, ce sport qui a permis à Roubaix de donner tant de champions à la France, ce sport de migrants et d’ouvriers.

On ne peut pas non plus éviter à propos de la figure du guérisseur d’évoquer les correspondances étranges avec une autre figure essentielle de la roubaisiennité, Maxence Van Der Meersch. Lui aussi lia sa carrière d’écrivain à son épouse, lui aussi se convertit à un christianisme ardent (lui était agnostique quand Mamadou était musulman), lui aussi défendit dans son best seller « Corps et Ames » le docteur Carton, ce prêtre un peu douteux des médecines alternatives, qui furent aussi traînées en justice. Dans les deux cas, une forme de savoir issu des temps anciens, souché à des traditions préscientifiques est défendue comme une manière pour le peuple de se défier des institutions légitimes.

La question de la « représentation « est au cœur de nos réflexions. Dans une ville qui a connu d’abord des migrations belges puis maghrébines, c’est un sénégalais inconnu il y a peu de sa communauté, qui va symboliser cette réalité majeure ! de plus, il s’agit d’une famille de soldats coloniaux et d’un individu musulman converti. Autant dire que la force de cette « représentation » est dans sa singularité.

On sait que dans le grand récit de la ville, on a plus de documents et d’œuvres sur la bourgeoisie et le patronat que sur les ouvriers, et dans la classe ouvrière, les migrants sont encore plus assignés à un effacement des traces et à la faiblesse des archives. Représenter la migration par un personnage singulier relève donc d’une double opération : prendre acte de cette absence de traces, questionner les pièges de la représentation en prenant le parti de la singularité.

Pièges de la représentation ? quand dans une exposition, on veut représenter l’immigration, trois écueils se présentent : passer par la notabilité communautaire qui conduit à privilégier des « représentations « parfois autoproclamées, souvent déformées ; rechercher des figures typiques et donc redoubler les stéréotypes qui occultent la réalité vécue de la migration ; privilégier le regard de la société d’accueil et donc parler plus « d’intégration « que de migration.

De nouveaux courants désormais mettent l’accent sur la migration comme expérience et sollicitent le témoignage des gens ordinaires. Or l’expérience montre que les » gens ordinaires » ont souvent eu des vies étonnantes et échappent aux stéréotypes fussent-ils bienveillants. Pour faire vite, la singularité est le retour dans le roman national de l’expérience vécue, de la subjectivité, et le moyen de tromper les stéréotypes.

C’est pour cela que la figure si singulière, voire romanesque de Mamadou est si importante, et que le choix du Musée est si intelligent. Il reste à espérer que l’anomalie Mamadou déclenche des idées sur ce territoire qui manque d’outil de référence sur l’histoire des migrations, liée intimement au territoire et au travail. Il manque aujourd’hui d’un fonds d’archives solides sur ce sujet et d’une exposition de référence. Il est temps de conjurer l’effacement des mémoires qui est une forme de violence faite aux invisibles. L’apparition miraculeuse du vitrail pour la réouverture du Musée « la Piscine » le 20 octobre 2018 est peut-être l’amorce d’un tel mouvement.

Ce Cahier de Roubaix vous propose une étude de référence de Philippe Waret qui propose une biographie située de Mamadou ; d’autres ouvrages ont longuement témoigné de ses talents de chiropracteur ; nous voyons ici le rôle essentiel de Mamadou dans le champ de la boxe et permet de lire les liens historiques entre immigration, sports populaires et usages du sport dans des objectifs éducatifs.

En complément, trois grands entretiens dont nous avons choisi de conserver la texture orale éclairent trois questions contemporaines :

  • Avec Sérigné Diop, nous pensons la place de Mamadou dans la saga sénégalaise : cette place est paradoxale : hors communauté et après-coup avec un curieux effet retard, Mamadou devient un totem

  • Avec Bruno Gaudichon, nous pèserons le geste considérable de la présentation d’un vitrail représentant Mamadou à l’occasion de l’extension du Musée

  • Avec Mohamed et Karim Djemmal, nous pistons les voies de la transmission générationnelle.

Enfin, vous pouvez lire l’intégralité de l’émission consacrée par France Culture à Mamadou, consécration imprévue d’un héros populaire.

Michel David