Roubaix au-delà des mers

Je voudrais que ce livre puisse être une invitation au voyage et à l’amitié.

Abbé Paul Catrice.

En 1969 paraissait Roubaix au-delà des mers, un petit livre édité par la Société d’Émulation de Roubaix et l’Agence Univers.

L’abbé Paul Catrice, un Roubaisien, ancien conseiller de l’Union française, membre de l’Académie des sciences d’outre-mer, directeur de l’Agence Univers (11 rue Vauban, Roubaix), -une agence de presse au service des missions catholiques -, voulait grâce à cet ouvrage montrer que notre ville était un «exemple d’union féconde entre régionalisme et universalisme ».

Ce livre, préfacé par MM. Victor Provo (maire de la ville) et Georges Teneul, président de la Société d’émulation, est introduit par Louis Trénard, alors professeur d’histoire à la faculté des lettres de Lille. L’abbé y livre le résultat de trente ans de dépouillement d’archives sous la forme d’une compilation de noms, de dates, de fait et d’anecdotes sur 171 pages.

Cette matière est répartie en sept chapitres. Le premier énumère les aspects roubaisiens de la coopération internationale (jumelages, visites de personnalités étrangères, mouvements internationaux, enseignants et techniciens en coopération, le club Unesco, la Société de géographie, la bibliothèque et la tournée du Théâtre populaire des Flandres en Algérie –parce que son animateur, Cyril Robichez, était roubaisien).

Dans le chapitre 2, le père Catrice examine le rayonnement social de Roubaix. Après avoir dit quelques mots de trois personnalités roubaisiennes, Jules Guesde, Louis Loucheur et Eugène Duthoit, il décrit les différentes actions contre la faim et la lèpre menées par différentes associations locales ou régionales.

Le chapitre 3 traite de l’expansion économique de Roubaix outre-mer ; c’est la partie la plus développée, qui ne compte pas moins de 57 pages. Après un rapide survol historique, l’auteur évoque la Chambre de commerce, les expositions internationales, puis détaille continents par continent la présence des entreprises roubaisiennes. Au passage, il regrette qu’on n’ait pu écrire l’histoire de l’influence de l’orient sur les décors des tissus roubaisiens.

Le chapitre 4 est consacré aux voyageurs, pèlerins, croisés et militaires. On y parle surtout d’histoire, des voyages de Jean et Pierre de Roubaix, des seigneurs de Lannoy qui voyagèrent au nord comme au sud et même en Amérique, de Lanoyens, Tourquennois, Halluinois, Lillois, qui furent parmi les premiers habitants de New York, sans oublier les origines de Franklin Delano Roosevelt, descendant en ligne directe de Philippe, seigneur de Lannoy. On y évoque aussi d’autres voyageurs, volontaires comme Pierre Deffontaines et Octave Vandekerkhove, ou involontaire comme Elie Brun-Lavainne, qui par un malheureux concours de circonstances, se retrouva seul, à onze ans, sur la côte de Saint-Domingue.

Le chapitre suivant aborde la question des missionnaires roubaisiens à travers le monde. Roubaix aurait donné au monde 244 missionnaires (dont deux protestants) de 1848 à 1967, ainsi que sept évêques et 20 prêtres diocésains. Cinq religieuses sont également citées.

Le chapitre 6 est consacré aux Africains et Asiatiques venus à Roubaix. On y apprend que Roubaix compte, en 1968, 20 791 étrangers, dont 570 réfugiés politiques et 11 apatrides. Les Nord Africains sont 10 399, les Roubaisiens d’Afrique noire 250, les originaires des trois Amériques 21, et les Asiatiques 27. Les autres viennent de différents pays d’Europe. La mention des travailleurs étrangers est l’occasion d’évoquer les taudis dans lesquels ils sont souvent logés. Puis on passe à la représentation consulaire passée –il n’y a plus de consuls à Roubaix en 1968, et aux organisations destinées à aider ces étrangers.

Le septième et dernier chapitre reprend le thème du régionalisme et de l’universalisme, chez les écrivains roubaisiens cette fois, avec une petite anthologie de textes d’Amédée Prouvost, Charles Droulers, Pierre Lestienne et Louis Decottignies.

Ce livre, on l’aura compris, n’est pas un livre de chevet, mais de travail. Il répond malheureusement de manière toute à fait imparfaite à sa vocation, faute d’une table générale des matières, et d’un index. Qui s’y attellera ?

B. G.

Roubaix au-delà des mers

Auteur : Louis Catrice

Éditeur : Roubaix : Société d’Émulation & Agence Univers, 1969

La médiathèque possède 4 exemplaires de cet ouvrage, dont 1 empruntable (Roubaix/944 ROU)

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