Le Temps des tours

La tour Brossolette Photo NE

Introduction

Et soudain, ce fut le temps des tours. D’où vient que ce type de construction eut son heure de gloire, grosso modo pendant les années soixante, dans le paysage immobilier roubaisien ? Faut-il y voir chez les architectes une résurgence du mythe de la tour de Babel ? La tour comme un nouvel édifice, une nouvelle flèche, rapprochant les hommes du ciel ? Faut-il y retrouver les anciens donjons de nos châteaux forts, dont une partie était réservée au logement du seigneur et maître de la contrée ? Auxquelles il faut ajouter la triste réputation des anciennes tours, tour de Londres, tour de Nesle, tour de l’Horloge ? Faut-il y voir la survivance de nos vieux clochers, dont la fonction était de surveiller l’horizon et d’alerter le village en sonnant les cloches en cas de danger ? Ou encore la fière allure de nos beffrois ? Sans doute un peu tout cela, car la tour est dans notre imaginaire depuis très longtemps.

Les définitions du mot tour nous donnent quelques indications : construction nettement plus haute que large, dominant un édifice ou un ensemble architectural et ayant généralement un rôle défensif. Construction isolée, nettement plus haute que large. Retraite où s’isole quelqu’un qui refuse tout contact et tout engagement (celle-ci est en ivoire). Grand immeuble nettement plus haut que large, à usage d’habitation ou de bureaux.

Les raisons des architectes sont sans doute plus prosaïques. Certes, ces tours n’ont pas l’ambition des tours américaines, ou de celles des émirats, pour lesquelles le mythe de Babel n’est pas éteint, dans leur volonté de gratter le ciel ou d’aller plus haut, toujours plus haut. C’est dans l’exemple américain qu’on peut trouver les premières réponses : les premières tours apparaissent à l’occasion de la reconstruction de Chicago après le grand incendie de 1871. C’est une nouvelle approche de la construction d’immeubles qui réduit les coûts liés à l’augmentation du prix des terrains, qui permet de se protéger en même temps de l’eau (surélévation) et du feu (ossature d’acier et non plus de bois). William Le Baron Jenney1 fut amené à élaborer un système de structure interne sur laquelle repose tout l’édifice, le mur extérieur n’ayant plus rien à porter. Il tira également parti de l’invention de l’ascenseur mécanique et notamment de l’ascenseur de sécurité par Elisha Otis2.

Voilà qui nous renseigne sur ce qui a pu inspirer nos architectes contemporains. Les tours roubaisiennes sont plus modestes. Elles ont fait le bonheur des antennes de radios locales et plus récemment des opérateurs téléphoniques. Puis elles ont connu un destin différent. Certaines ont été réhabilitées, d’autres ont connu des incendies, et d’autres encore ont été détruites, à l’occasion d’un programme d’aménagement (ANRU). Pour celles qui restent, quelles sont les perspectives ? Voici un petit inventaire chronologique afin d’alimenter le débat.

1D’après Wikipédia, William Le Baron Jenney est un architecte et ingénieur américain, ancien élève de l’École Centrale des Arts et Manufactures à Paris de 1853 à 1856.

2D’après Wikipédia, Elisha Otis se rend célèbre en 1853, en inventant le « parachute », un système de frein de sécurité révolutionnaire empêchant la chute des ascenseurs en cas de rupture du câble.Après ces débuts spectaculaires, il crée la compagnie Otis Elevator Company, qui est aujourd’hui une division de United Technologies et la plus grande société d’ascenseurs dans le monde. M. Otis vend ses premiers ascenseurs sécurisés en 1853. Le premier ascenseur à passagers est installé par Otis à New York en 1857.

extrait de la brochure ci-dessous

Retrouvez le texte de la conférence en demandant cette brochure à l’adresse suivante : ateliersmemoire@gmail.com

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