Au vrai polichinelle roubaisien

Au temps où le cinéma et la télévision n’existaient pas, le théâtre était roi, et chaque petite ville avait son théâtre et sa troupe permanente. Mais le théâtre revient cher : les acteurs veulent être payés ; salle éclairage et décors coûtent. Pour diminuer les coûts, pourquoi ne pas faire jouer des acteurs de bois ?

Les théâtres de marionnettes ambulants
Bon nombres de théâtres, tant d’acteurs que de marionnettes, couraient alors les fêtes patronales avec leurs baraques et leurs pantins. La lecture de la presse montre qu’ils revenaient régulièrement chaque année. Le répertoire était peu varié et s’inspirait de vieilles légendes telles Ourson et Valentin ou les aventures de Saint Antoine et son cochon ; répertoire si peu varié qu’on parlait couramment de « baraques Saint-Antoine » pour désigner ces stands.

Les théâtres ouvriers
Mais il existait aussi des théâtres permanents dans toutes les villes ouvrières, Roubaix, Lille, Amiens, Tournai, Liège, etc. Pour gagner quelques sous des montreurs plus ou moins improvisés donnaient « la comédie » à leurs collègues et aux enfants dans des estaminets, des caves ou des greniers. Alain Guillemin et Andrée Leroux en ont recensé près d’une soixantaine à Roubaix, et près d’une quarantaine à Lille. L’existence de ces « théâtres » était souvent précaire, les spectacles de plus ou moins bonne qualité. Mais à Roubaix le « Théât’ Louis » se détache du lot. Créé par Louis Richard, repris par son fils Léopold, perpétué jusqu’à nos jours par son petit-fils Florian aidé d’Andrée Leroux et d’Alain Guillemin, Le Théâtre Louis Richard a dû malheureusement s’exiler à Wasquehal.

Au Vrai Polichinelle Roubaisien
La médiathèque ne pouvait rester indifférente à ce pan de la culture roubaisienne. Aussi créa-t-elle un fonds marionnette, qui recueille tout ce qui peut concerner cet art, manuscrits, livres, disques, objets, de provenance locale, régionale ou internationale. Une partie de ce matériel a été montré en 1997 dans une exposition intitulée « Papiers et marionnettes ». Roubaix comptait alors encore quatre compagnies de marionnettiste. Aucune aujourd’hui.

Pour favoriser sa collecte, et faire connaître cette collection, la médiathèque s’associa à Lire à Roubaix et au Théâtre Louis Richard pour lancer la revue Au Vrai Polichinelle Roubaisien en 1987. Treize numéros ont paru. Ont collaboré au fanzine, outre des « locaux », des écrivains français, un marionnettiste italien, un autre portugais, et quelques Belges. Les promoteurs espéraient une collaboration active des marionnettistes de la région, espoirs en grande partie déçus. Mais cet effort tout de même permis de ramener à Roubaix, une précieuse collection de manuscrits dus à Louis et Léopold Richard.

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